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PROFESSIONNELS DE SANTE EN SEINE SAINT DENIS - LA SECURITE, OU LE DEPART

Professionnels de santé en Seine-Saint-Denis La sécurité, ou le départ Le Quotidien du Médecin 06/04/2011

À l’occasion d’un déplacement des ministres de la Santé, Xavier Bertrand, et de l’Intérieur, Claude Guéant, en Seine-Saint-Denis, samedi 2 avril, médecins, pharmaciens et infirmiers ont fait part de leurs vives inquiétudes et prédisent, si leurs conditions de travail ne s’améliorent pas, une fuite des professionnels. « ON EST AU PIED du mur, on ne tiendra pas des mois et des mois. Si à la fin de l’année nous n’avons aucune mesure pour maintenir le maillage, il y aura des départs », avertit Jocelyne Buruchian, médecin kinésithérapeute à Stains. « Nous nous engageons à rester, car nous voulons rester, à condition que l’on assure notre sécurité. Nous tirons la sonnette d’alarme, car si les prescripteurs en âge de partir à la retraite quittent le territoire, les plus jeunes ne s’installeront pas  ! », renchérit Joselyne Rousseau, médecin généraliste et présidente de l’Association des professionnels de santé de Pierrefitte-sur-Seine. « Le temps consacré à la sécurité, c’est du temps médical qui disparaît », renchérit François Rousset, généraliste à Stains. Médecins, infirmiers, et pharmaciens ont joué la carte de la franchise devant Xavier Bertrand et Claude Guéant, dans ce département de Seine-Saint-Denis où ils subissent le plus d’agressions : 6 pharmacies ont été victimes de vols à main armée l’an dernier et un nombre d’incidents record a été enregistré par la police. Aucun chiffre précis, mais 10 % des cabinets de généralistes et 14 % des pharmacies sont situés dans les cœurs sensibles des cités. Pour répondre aux inquiétudes de la dizaine de professionnels de santé, la Direction territoriale de la police de proximité (DTPP) du 93 a présenté à Xavier Bertrand et Claude Guéant les structures qui leur sont dédiées. Laboratoire. Outre la cellule du 17 Police-Secours, la DTPP a mis en place en 2006 une ligne spécifique pour les professionnels, assurant le traitement immédiat des demandes d’assistance, avec le possible envoi d’une patrouille. Les médecins bénéficient également de référents privilégiés, un policier au sein du commissariat, et 6 référents sûreté au niveau départemental. Un protocole d’action particulier permet aux urgentistes de connaître, avant une intervention, l’environnement où ils se rendent et ils peuvent demander à être accompagnés par des policiers. Enfin, un comité de sûreté s’est constitué en septembre dernier pour décider de mesures concrètes, comme le déplacement d’officiers de police dans les cabinets où un médecin souhaite déposer une plainte. « On insiste sur le développement de la vidéoprotection et on conseille aux professionnels de se regrouper en cabinet », ont indiqué des policiers aux ministres très attentifs. En effet, « ce qui se fait ici, c’est une préfiguration de mesures que nous voulons étendre à l’ensemble du territoire », a indiqué Claude Guéant, faisant allusion à la signature très prochaine du protocole Santé, sécurité, justice, Ordres, « une boîte à outils dans laquelle chacun des départements pourra puiser pour trouver le système le plus adapté ». « Nous venons voir en Seine-Saint-Denis ce qui marche pour le généraliser ailleurs », a confirmé Xavier Bertrand, qui dit avoir « reçu le message » qu’ont voulu lui transmettre les professionnels présents. « Il y a des réponses. Ici, les médecins n’ont pas besoin de se déplacer pour porter plainte, les forces de police se rendent dans les cabinets. La vidéoprotection est une autre réponse, comme le numéro de téléphone dédié », a détaillé Xavier Bertrand, tout en reconnaissant que des efforts restaient à faire. Dans les faits, le dispositif semble peu familier aux professionnels de la santé. « Connaissez-vous le numéro de la ligne directe dédiée aux professionnels de santé », a demandé Xavier Bertrand dans deux officines du Blanc-Mesnil, dont la première a été braquée le 22 mars dernier. Réponse unanime : non.

Publié le 13 avril 2011